Le zéro déchet, but ultime ou mode de vie?

Le mouvement zéro déchet, popularisé en 2013 par l’auteure californienne Béa Johnson, a inspiré des milliers de personnes à mettre leur poubelle au régime. Fondé sur le principe des 5R – refuser, réduire, réutiliser, recycler et redonner à la Terre (composter) – va bien au-delà du simple recyclage.

À force d’acheter sans emballage, de privilégier le seconde main, de cuisiner ses propres repas et plus encore, certain·es adeptes du mouvement réduisent leurs déchets ménagers à un litre par an. Eh oui, ces gens produisent l’équivalent d’un seul pot Mason aux douze mois!

Mais est-ce vraiment un idéal à promouvoir? La réponse est à la fois oui et non…

Une benne débordant d'ordures de plastique, située sur un champ de gazon et de fleurs sauvages. On voit un ciel bleu en arrière-plan.

Comment vivre zéro déchet : ce que dit Internet

De nombreux guides zéro déchet sur le Web partagent un point en commun : ils portent sur les déchets qui rentrent à la maison. Éliminer les lingettes jetables et s’en procurer des lavables, remplir ses propres bocaux à l’épicerie de vrac, fabriquer ses crèmes et dentifrices, refuser les sacs en plastique, etc.

À force de mettre tous ces moyens en œuvre, il serait possible de réduire ses déchets à un litre par mois, voire par année!

Petit bémol : qu’en est-il des déchets générés en amont, par exemple à l’épicerie, au restaurant, ou même à l’usine de transformation des produits? Ou du gaspillage alimentaire dans ces établissements?

Même une épicerie en vrac n’est pas parfaite : on y génère des emballages, quoique minimes comparativement à une épicerie traditionnelle.

Ces « déchets invisibles » ne rentrent pas dans le pot Mason à ordures annuel, qui est donc un portrait inexact de la réalité.

Tendre vers le zéro déchet, un objectif réaliste

Le danger de rêver trop grand… ou devrait-on dire trop petit!

Bien que l’idéal du pot Mason motive plusieurs personnes à relever le défi ZD, il peut aussi être source de découragements.

Imagine ceci : une jeune étudiante optimiste décide de se mettre au zéro déchet. Elle se met à acheter ses produits en vrac, refuse les plats à emporter, trouve un composteur collectif pour ses épluchures, fabrique ses produits de soins, et on en passe.

Quelques mois plus tard, cette étudiante doit se concentrer sur ses examens finaux. Pour gagner un peu de temps, elle se fait livrer un repas ou deux, achète un dentifrice du commerce, ou se rend à l’épicerie de quartier pour faire ses courses.

Résultat? Elle abandonne malheureusement ses efforts, convaincue qu’elle ne réussira pas à limiter ses déchets du mois à un seul pot Mason. En ayant adopté une démarche « zéro déchet » imparfaite mais constante, elle aurait préservé sa motivation… et sa santé mentale!

Un mot sur le gaspillage alimentaire

En se concentrant sur la réduction de ses déchets ultimes à un litre par année, on oublie parfois un élément important : le gaspillage alimentaire. Même si les restes de nourriture sont mis au compost, il s’agit quand même de déchets qui peuvent être évités.

Selon un rapport de la Table québécoise sur la saine alimentation (TQSA), 47 % du gaspillage alimentaire serait attribuable aux consommateurs·trices, et 20 % aux activités de transformation. (1)

En autres mots, en visant un objectif zéro gaspillage dans la cuisine, on contribue à presque la moitié de la lutte contre le gaspillage alimentaire au Québec!

Tu trouveras ici un petit guide pour éviter de jeter tes aliments à la maison.

 

Le contenu d'un bac à compost : épluchures, aliments divers

 

Le rôle des entreprises dans la réduction des déchets

Le savais-tu? À l’origine, la notion de zéro déchet guidait les efforts de conservation chez les entreprises et dans les industries, plutôt que dans la vie quotidienne des gens.

Voici une traduction libre de la toute première définition du terme « zéro déchet » :

Conservation des ressources qui passe par la production et la consommation responsable, la réutilisation et la récupération des produits, des emballages et des matériaux sans recourir à l’incinération ni rejeter de substances nocives pour l’environnement ou la santé humaine dans l’eau, les sols ou l’air. (2)

Selon cette définition, les entreprises ont aussi la responsabilité d’alléger leurs poubelles! La bonne nouvelle est que ce mouvement est déjà en cours.

Chez NousRire, par exemple, nous commandons le plus grand format possible de chaque aliment afin de réduire nos emballages. Et pour aller encore plus loin, nous sensibilisons nos fournisseurs à l’option de livrer dans des contenants consignés.

Certains de nos fournisseurs adorés, notamment la Brûlerie Santropol, Les Grenailles, la Ferme Tullochgorum et la Goutte d’or, livrent nos denrées dans des emballages consignés. Que nous sommes reconnaissants pour leur bel engagement envers la planète!

Dans un monde idéal, chacun de nos fournisseurs livrerait ses produits dans des emballages consignés. Hélas, les implications logistiques sont multiples : lavage des contenants, retour des chaudières, gestion de l’espace dans les locaux…

Voilà encore une raison de saluer les efforts de nos partenaires mentionnés ci-dessus 😉

Une rieuse membre d'équipe qui verse le contenu d'une grande chaudière dans un bidon à huile en vrac

Conclusion

Comme tu viens sûrement de le constater, le zéro déchet vient avec son lot de complexités : ce n’est pas simplement une « quête du Graal » pour limiter ses ordures ménagères au contenu d’un pot Mason!

Si tu cherches à approfondir ta démarche zéro déchet, nous te lançons un petit défi. Que ce soit chez NousRire ou ailleurs, essaie de t’approvisionner en produits issus d’une chaîne d’approvisionnement zéro déchet. N’hésite pas à communiquer avec les entreprises : certaines seront ravies de te parler de leur démarche antigaspillage!

Sources

  1. https://tqsa.ca/attachments/766172cf-6819-4c88-bf15-7efedff655bc/TQSA-%20Survol%20Gaspillage%20-pour%20site%20web-.pdf?h=e113bdccefc80c809750b36caf049244
  2. https://www.aqzd.ca/le-zero-dechet-cest-quoi/